Astronomie pratique

Lorsque vous avez finalement pu vous installer dans l'endroit idéal, que la météo est enfin favorable et que vous n'êtes pas invité au mariage de votre cousine, vous pouvez alors observer le ciel avec toute la liberté requise pour une telle exploration. Vous décidez donc de pointer votre instrument sur la galaxie NGC6482 qui au dire de votre ami Tartampion est un spectacle incontournable du ciel boréal que tout amateur sérieux se doit de visiter. Pris d'un complexe terrible vous décidez de vous lancer à la recherche dudit objet. C'est alors que vous envahit le spectre de l'embarras, vous ne savez pas lire la carte céleste que vous avez achetée chez le libraire le plus renommé, vous avez omis d'aligner le viseur du télescope et oublié que l'optique retourne les images. Là, vous vous réveillez en sueur... non, tout cela n'était qu'un vilain cauchemar. Pour éviter qu'il ne se concrétise dans sa totalité et en une fois (les éléments tragiques individuels sont des faits réels), il est conseillé de lire un des nombreux excellents ouvrages d'introduction à l'astronomie disponibles dans le commerce.

Dans les pages suivantes vous trouverez cependant les informations générales pour débuter ou cultiver votre intérêt pour le ciel. Les sujets abordés sont les suivants:

Conseils pour débuter
Le repérage dans le ciel
La mise en station
La mesure du temps
Optique appliquée
Eléments d'optique de base

Ici, nous parlerons des conditions générales pour une bonne soirée d'observation.

Règles générales pour l'observation:

- Les perturbations atmosphériques (dues à l'agitation thermique) sont à éviter absolument. Ainsi:
- n'observez pas par les fenêtres car les échanges d'air entre l'intérieur et l'extérieur perturbent localement l'atmosphère.
- ne vous installez pas près d'une surface qui, exposée toute la journée aux rayons solaires, restitue la chaleur pendant la nuit (comme une façade, p. ex.).
- installez vos instruments un peu avant les observations de manière à ce que les échanges thermiques aient le temps de se faire.

- La pollution lumineuse est à éviter. On choisira de préférence un endroit à l'abri de l'éclairage publique ou des phares. Les yeux mettent environ 20 minutes à s'adapter à l'obscurité. Utilisez de préférence une lampe de poche à lumière rouge qui éblouit moins.

- Observez l'état du ciel pendant la journée. On peut en tirer des observations qui vous renseignent sur la qualité probable du ciel nocturne. Ainsi:
- On dit que les jours qui suivent une période de pluie sont plus favorables grâce à une meilleure transparence de l'atmosphère (nettoyage par la pluie).
- Au crépuscule, si la transition entre le ciel diurne et le ciel nocturne est franche, cela veut dire que l'atmosphère diffuse moins et, partant, est de meilleure qualité.
- Les nuits glaciales de janvier et février peuvent s'avérer les meilleures sous nos latitudes. Les nuits sont longues et l'atmosphère est calme.

- En altitude, la couche d'atmosphère qui vous sépare de votre objet d'étude (ou d'émerveillement) est plus mince et les vilaines nébulosités condensent dans la plaine.

- N'observez jamais le soleil directement dans un instrument optique quelconque sans utiliser un filtre prévu à cet effet et correctement monté. Il peut en résulter des lésions graves et définitives pour les yeux.

Le lieu d'observation idéal est donc le sommet du Cervin par vent nul et une température de -40°C, le 8 février (sauf s'il fait vilain ce jour là, auquel cas vos observations sont reportées d'une année) :-).